Index - FAQ - Rechercher - Membres - Groupes - S’enregistrer - Messages Privés - Connexion
Ne pas oublier que la médecine est un humanisme

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Institut des Sciences Medicales de Sétif Index du Forum -> Une Vie d'un Medecin -> Actualité Médicale
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
hadjer
Général de Division
Général de Division

Hors ligne

Inscrit le: 10 Aoû 2008
Messages: 732
Filière: Étudiant(e) en Medecine
Féminin
Localisation: Setif
Point(s): 1 190
Moyenne de points: 1,63

MessagePosté le: Ven 19 Déc - 17:35 (2008)    Sujet du message: Ne pas oublier que la médecine est un humanisme Répondre en citant

Ne pas oublier que la médecine est un humanisme


Mardi matin, l'Assemblée nationale a adopté la réforme de la première année des études médicales, qui sera rebaptisée première année des études de santé. Cette réforme défendue au Parlement par Valérie Pécresse, ministre des Universités et de la Recherche, vise à résoudre la quadrature du cercle. Il s'agit en effet de ne pas faire de sélection à l'entrée des études de médecine (contrairement à ce que font la majorité des pays européens) puisque la loi exige en France que l'université soit ouverte à tous ; il s'agit cependant d'éviter, comme c'est le cas actuellement, que 80 % des étudiants échouent après avoir perdu deux ans de leur scolarité en tentant deux fois cette première année ; il s'agit enfin de permettre à des jeunes issus de filières non scientifiques de pouvoir devenir médecins, car l'art d'Hippocrate est aussi un hu­manisme, bien plus qu'une spécialité strictement dérivée de la physique ou de la chimie.

Pour répondre à ces impératifs impossibles à concilier jusqu'à présent sans un brin d'hypocrisie, la nouvelle loi prévoit schématiquement que pour la rentrée 2009, les étudiants d'une même université pourront s'inscrire simultanément à quatre concours distincts, ceux de médecine, dentaire, pharmacie et sages-femmes. Par ailleurs, si les résultats des étudiants au premier semestre sont inférieurs à 7 de moyenne (avec cette note, les statistiques prouvent qu'il n'y a aucune chance de réussir), il leur sera très vivement conseillé de se réorienter vers d'autres filières : biologie, physique, informatique… Enfin, les études de médecine devraient s'ouvrir - timidement - à des vocations autres que scientifiques, puisque des doctorants en psychologie, sociologie, anthropologie qui souhaitent devenir médecin pourront, après examen de leur dossier et entretien, bénéficier d'un petit nombre de places en deuxième année sans passer par ce concours sélectionnant les candidats sur des sciences dures, quasiment inaccessible à ceux qui n'ont pas été reçus au bac S avec mention. Cette loi est un progrès, même si elle n'est encore pas parfaite.

L'an dernier, il y a eu 47 000 candidats en première année de médecine sur toute la France, alors que seulement 7 300 étudiants ont été admis en deuxième année. La loi ne changera ni le numerus clausus ni les critères de sélection. Depuis des années, la première année est basée sur des épreuves de physique, chimie, biophysique, biochimie… et un examen de sciences humaines. Cette dernière matière censée être une discipline de réflexion sur la bioéthique notamment, est abordée aussi sur le mode du bachotage par les étudiants tétanisés par la crainte de l'échec.

Une telle sélection a le mérite de repérer de manière objective les étudiants les plus travailleurs, les plus déterminés et les plus rigoureux - qualités indispensables aux praticiens et dont on leur reproche de manquer. Mais elle ignore largement l'aptitude de l'étudiant à l'approche humaine, psychologique, émotionnelle du malade.

C'est pourtant cette approche qui fonde justement la relation si particulière entre le praticien et le patient, qui fait que le médecin n'est ni un robot ni un technicien et le patient ni un organe ni un objet. En choisissant encore largement les futurs médecins parmi une sorte d'élite scientifique, les universités ne préparent pas notre pays à faire face à la pénurie de généralistes dans les campagnes, dans les banlieues des grandes villes, dans les zones défavorisées, et à affronter les nouveaux besoins liés au vieillissement. La réussite d'un médecin repose aussi sur sa capacité d'écoute et de soutien.

Ce problème est loin d'être complètement réglé par la nouvelle loi. Mais c'est tout à l'honneur de Valérie Pécresse d'avoir personnellement insisté pour ouvrir un peu les études de médecine à des filières autres que scientifiques. Seul l'avenir dira si la médecine va définitivement basculer du côté de la technologie ou si elle sera capable de conserver sa dimension d'«humanité».


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Ven 19 Déc - 17:35 (2008)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Institut des Sciences Medicales de Sétif Index du Forum -> Une Vie d'un Medecin -> Actualité Médicale Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | Panneau d’administration | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB
Appalachia Theme © 2002 Droshi's Island
Traduction par : phpBB-fr.com
Designed & images by Kooky